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Il est, près de Nevers, un endroit particulier, que l’on appelle le « Bec d’Allier ». C’est l’endroit où la rivière Allier se jette dans la Loire, qui traverse la ville. Cette situation géographique est importante car, dans le passé, elle a donné lieu à toute une tradition de pêcheurs et de bateleurs fluviaux, les « mariniers » comme on les appelait, qui naviguaient et commerçaient du cœur des terres vers la mer, de Nevers jusqu’à Nantes.
Leur vie d’errance sur l’eau a nourri tout un art populaire – des chansons notamment, qui parlent de choses communes à toutes les vies de marin, qui voient des hommes partir au loin gagner leur pain, tandis que leurs femmes les attendent au port.
Certains érudits locaux, des « folkloristes » comme on les appelait à l’époque, ont collecté ces textes, fin XIXe - début XXe. Achille Millien était l’un d’eux, qui a fait un travail remarquable sur les diverses formes de littérature populaire en Nivernais. Dans le corpus énorme qu’il a rassemblé, on trouve notamment une chanson qui narre les tergiversations d’une belle, dont le cœur a du mal à faire son choix. Répétitions et ornementations stylistiques dégagées, ça donne à peu près ça :
J’ai trois amants sur terre, lequel d’eux j’y prendrai ?
J’en ai un pauvre, un riche, et l’autre est marinier.
Je ne veux pas du pauvre il est mal habillé.
Je ne veux pas du riche, il me mépriserait.
J’aime bien cent fois mieux mon ami marinier.
Quand il est sur la mer il boit à ma santé.
Nous n’entrerons pas dans l’endogamie de classe qu'il peut laisser entrevoir. Ce sont plus les hésitations de la jeune femme qui m’ont fait penser à ce texte.
Voilà un petit moment que je n’avais pas écrit. Pas trop envie. Beaucoup de boulot. Et puis « rattrapée par la vie », comme on dit. Après des semaines d’ermitage, le retour du soleil, et avec lui des sorties, et puis des rencontres… Beaucoup de rencontres, qui me laissent un peu dans la situation de la donzelle de la chanson : « j’ai trois amants sur terre, lequel d’eux j’y prendrai ? »
…A moins que la vraie question ne soit : pourquoi faut-il toujours choisir ???
En tout cas, merci à tous d’avoir pris de mes nouvelles. J’espère que VOUS
allez bien. Et promis, j’écrirai à nouveau bientôt.
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08/01/09 - Lu (et bien aimé) le tome 1 des Chroniques de l'asphalte de Samuel Benchetrit, pendant la nuit. Parfait pour une heure d'insomnie. Ambiance urbaine, métallique des
cités, bien résumée dans ces quelques mots: "ici le ciel ne dégage pas une lumière naturelle, c'est autre chose, comme un éclat chimique." Un côté un peu dark mais pas glauque,
parce qu'il y a aussi vachement de tendresse, d'amour et d'humour. L'écriture est très alerte, vive. Elle a la poésie du slam. M'a donné envie de lire le tome 2.
09/01/09 - Ai pas résisté. Tome 2 lu, et autant aimé. Même verbe gouailleur mais ambiance différente, moins métallique. On n'est plus dans les cités, on est à Paris. Quelques textes désopilants,
qui m'ont fait hurler de rire (c'est une image; par contre ce n'en est pas une de dire que j'ai effectivement ri pour de vrai en lisant certains passages), d'autres plus tendres, d'autres un peu
plus "gros", mais bon, dans l'ensemble, si vous avez envie de passer une heure de lecture sympa et sans prise de tête, c'est une découverte que je vous recommande! Par contre, gare à la
frustration, parce que vu la manière dont les titres sont annoncés, je pensais que les 5 opus avaient été écrits, or il n'en est rien. Nous n'en sommes qu'au tome 2, et il va falloir attendre que
sorte le 3ème.
A noter aussi les dessins de couverture magnifiques commis par Lou Doillon, et, info people, je ne savais pas que Samuel Benchetrit avait eu une relation avec Marie Trintignant avant Bertrand
Cantat. Comme quoi, la littérature mène à tout, même aux potins! ;-)

Dartagnan peut être...
Je ne te facilite pas la tâche.O)
et dieu reconnaitra les siens