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Parmi les choses qui m’obsèdent, il y a la question de la place que j’occupe dans l’univers. Pas celle de mes coordonnées spatio-temporelles sur une carte satellite, mais celle que j’occupe, au quotidien, dans la vie des gens que je rencontre et de ceux qui m’entourent. « Ma place dans le trafic », quoi, comme dirait Cabrel…
Si cette question se pose à moi de manière aussi prégnante, c’est parce qu’elle se nourrit de la peur souterraine, qui me poursuit depuis l’enfance, de ne pas être à ma place, d’être de trop. Je trouve qu’il n’y a pas pire sentiment que celui-là, qui n’est autre que l’une des manières les plus directes et les plus vives de vivre la distance et le rejet.
Dans les relations que j’ai avec les gens, j’ai toujours tendance à essayer de me mettre à la place de l’autre – pas pour faire ou décider à sa place, surtout pas, mais plus pour essayer d’appréhender ses sentiments et ses pensées, ceci afin de respecter sa sensibilité dans l’échange. Un truc de ce genre. Et quel que soit ce que je crois lire dans ses comportements et dans ses dires, j’essaie toujours de l’accueillir de manière à ce qu’à aucun moment il ne puisse être amené à se demander s’il est ou non désiré – désiré au sens large, bien sûr, c’est-à-dire que je veux que pour la personne que j’ai en face de moi, au moment où je l’ai en face de moi, la question de savoir si elle est ou non « à sa place » ne puisse pas se poser une seule seconde à elle. Le fait qu’elle est effectivement désirée en cette heure et en ce lieu doit couler de source comme une évidence, qui ne saurait tolérer aucun doute.
Je sais que tout le monde ne réagit pas forcément comme cela, et après tout, il est bien légitime et plutôt heureux que tout le monde ne soit pas comme moi. C’est une manière d’être qui résulte aussi d’un choix que j’ai fait, d’une démarche assumée et d’un positionnement conscient, même si elle s’appuie assurément sur certaines dispositions spontanées à « œuvrer » dans ce sens. Attention, n’allez pas croire que ce sont là des fleurs que je m’envoie, car pour moi, l’absence d’empathie ou d’ouverture à l’autre n’est pas forcément synonyme d’épaisseur, de lourdeur ou d’ignorance. L’accueil et l’hospitalité dans l’échange sont sûrement plus agréables et plus faciles d’accès pour la personne que l’on a en face de soi, mais je suis convaincue qu’il y a des gens qui ne sont absolument pas dans ce mode relationnel sans pour autant faire preuve d’un manque cruel de tact et d’humanité - des qualités qui se jouent ailleurs et autrement pour eux, tout simplement. Donc à la limite, que ce soit bien ou mal, peu importe ; moi, ce vers quoi cela me renvoie, et la question que je me pose surtout en lien avec cela, c’est de savoir si l’on est effectivement de trop aux yeux de celle ou de celui qui nous le fait ressentir, ou bien si l’on peut se sentir de trop du fait d’un manque de dispositions pour l’empathie de la part de notre interlocuteur, qui ne veut cependant pas forcément dire que notre présence l’est effectivement ?
Dit autrement, ai-je l’impression de me sentir de trop parce que la personne en face de moi ne sait ou ne peut pas me donner la place qui ferait que je ne ressente pas les choses comme cela – auquel cas, je me sens de trop, mais dans les faits et dans sa perception à elle je ne le suis pas forcément - ou bien, en toute connaissance de cause, ne veut-elle pas me donner cette place là, parce qu’elle juge effectivement que je suis en trop ?
Dit autrement encore, la distance est-elle toujours signifiante ? Ou plus exactement, signifie-t-elle toujours le rejet ?
Qu’est-ce que vous en pensez ???
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08/01/09 - Lu (et bien aimé) le tome 1 des Chroniques de l'asphalte de Samuel Benchetrit, pendant la nuit. Parfait pour une heure d'insomnie. Ambiance urbaine, métallique des
cités, bien résumée dans ces quelques mots: "ici le ciel ne dégage pas une lumière naturelle, c'est autre chose, comme un éclat chimique." Un côté un peu dark mais pas glauque,
parce qu'il y a aussi vachement de tendresse, d'amour et d'humour. L'écriture est très alerte, vive. Elle a la poésie du slam. M'a donné envie de lire le tome 2.
09/01/09 - Ai pas résisté. Tome 2 lu, et autant aimé. Même verbe gouailleur mais ambiance différente, moins métallique. On n'est plus dans les cités, on est à Paris. Quelques textes désopilants,
qui m'ont fait hurler de rire (c'est une image; par contre ce n'en est pas une de dire que j'ai effectivement ri pour de vrai en lisant certains passages), d'autres plus tendres, d'autres un peu
plus "gros", mais bon, dans l'ensemble, si vous avez envie de passer une heure de lecture sympa et sans prise de tête, c'est une découverte que je vous recommande! Par contre, gare à la
frustration, parce que vu la manière dont les titres sont annoncés, je pensais que les 5 opus avaient été écrits, or il n'en est rien. Nous n'en sommes qu'au tome 2, et il va falloir attendre que
sorte le 3ème.
A noter aussi les dessins de couverture magnifiques commis par Lou Doillon, et, info people, je ne savais pas que Samuel Benchetrit avait eu une relation avec Marie Trintignant avant Bertrand
Cantat. Comme quoi, la littérature mène à tout, même aux potins! ;-)

... Pour ce qui est du rapport à l'autre c'est surtout au croque-mot que je pense tous les jours...
Ne pas être trop en surcharge pondérale à l'heure dernière...
Pour ne pas déranger les gens par "manque cruel de tact et d'humanité" (j'aime bien cette phrase :0)
Allez, tu n'es pas si antipathique que ça, va!
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Pour l'avoir vécu un nombre incalculable de fois je peux te dire que les questions que tu te pose font appel à des situations vécues dans l'enfance et que rien n'est immuable, tout change tout le temps il est toujours assez tôt pour comprendre ses peurs et construire ce qu'on a laissé de côté.
Mais le plus important je pense est : ta place n'est pas celle que l'autre veut bien (ou non ) te donner, mais celle que tu prends un peu plus chaque jour, dans la bienveillance et le amour de soi.
Bises