Les petites choses étranges de l'étranger

Publié le par Ephedra

Je ne sais pas vous, mais moi, je n’ai pas de plus grand plaisir, quand je vais à l’étranger, que d’entrer dans les supermarchés et les petites épiceries de quartiers.

 

Pourquoi ? Parce que pour moi c’est là que s’y donne le mieux à voir comment vit le pays, à travers ses produits de consommation courante.

 

A l’heure où la mondialisation est partout et même si mon propos est à relativiser, on trouve en effet encore des différences nationales dans les dentifrices, les déos, les shampooings, les gels douche, mais aussi dans les condiments, les bonbons, les chocolats, sans parler des boissons et du fromage.

 

Ces différences, on les retrouve bien sûr dans d’autres choses, notamment dans les cuisines régionales et/ou dites « de spécialité », mais là, ce n’est justement pas de la spécialité, de l’extraordinaire ou de l’évènementiel dont je vous parle, mais bien du quotidien, de ce quotidien le plus primaire, le plus « basique » qui se donne à lire dans les produits courants de toutes les épiceries.

  

Il y a des choses comme ça, que je trouve dans tous les commerces en voyageant, et puis que je ne retrouve plus rentrée chez moi : le dentifrice Couto fabriqué à Porto, le bain moussant Vasenol que j’achète au Portugal, de même que le Sumol à l’ananas, heureusement distribué dans les commerces portugais en France, les bananes au chocolat des pays de l’est, les Penaut Butter Cups Reese's des pays anglo-saxons, les salamis Bifi du Nord de l’Europe, etc. Bien sûr, on peut aussi parfois les trouver, mais c’est alors le coup de chance, l’exceptionnel, pas l’habituel. Si ces produits peuvent appartenir, via certains réseaux d’approvisionnement particuliers au quotidien de certaines familles en France, ils n’appartiennent pas au quotidien de ce pays au sens large, une autre manière de dire qu’ils ne font pas partie de notre culture nationale, en matière d’alimentation ou de cosmétiques.

 

D’où la difficulté, souvent, pour les étrangers, de se procurer certaines choses – par exemple tel ou tel ingrédient pour telle ou telle recette (que l’on va alors « remplacer par » sous-entendu « ce qui se rapproche le plus de », en composant avec ce qu’il y a sur place).

 

Bien sûr, on peut parfois trouver ces articles particuliers dans des épiceries dites « de spécialités » (sous-entendu « étrangères »), mais alors les choses sont bien dites : ces produits ont chez nous le statut de « spéciaux », d’« étrangers » tandis que « là-bas » (sous-entendu de là d’où ils sont originaires), c’est partout qu’on les trouve, ils font partie du quotidien, et ne sont pas un truc étranger, difficile à se procurer comme ils peuvent le devenir ici, du fait de la migration qu’ils ont subie. Une sorte d’« inversion du paradigme », quoi. Et une autre manière de dire aussi la relativité de l'exotisme et/ou de l’étrangeté.

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jp 03/04/2009 21:25

En ce moment je vais à tous moment dans la serre où sont beaucoup d’agrumes italiens qui attendent d’être plantés
Et d’autres portugais que nous avons greffés avant hier avec des variétés japonaises
Naturellement il y en a pas mal en fleur (surtout les cédrats)
C’est merveilleux
Ça sent bon
Les abeilles en sont folles
Avant de rentrer j’ai taillé une petit haie de bergamotes, ça c’est un bonheur absolu
Les bergamotes que nous obtenons ici sont au moins aussi bonnes que les calabraises
Le climat n’est pas très éloigné,
Les feuilles écrasées ont un parfum de bergamote incroyable

Les 3 grands du rasage à Londres sont pour moi :
Penhaligons
http://www.penhaligons.co.uk/
qui est parfait dans ses classiques à dominante agrumes : Blenheim Bouquet et Castile
Taylor of old Bonds Street
http://www.tayloroldbondst.co.uk/
avec Victorian lime
et Geo F. Trumper
http://www.trumpers.com/
et son Eau de Portugal à l’orange bigarade.

Ephedra 04/04/2009 08:56


Super, merci! Je saurai maintenant où m'adresser quand j'aurai des cadeaux à faire à des messieurs qui aiment le citron et les notes orangées :-)
Je connaissais bien sûr Penhaligons, mais pas les deux autres. Vais faire un tour sur leur site de ce pas. Um muito bom dia p'ra ti :-)


jp 03/04/2009 08:36

Virgilio Valobra fabrique depuis 1903 une crema di Sapone Purissima "nome di fama nel mondo dei saponi", une douceur parfaite, c'est un bonheur secret le plus intense que la salle de bain italienne, surtout pour un homme car ils ont ces serviettes de coton très très fine et brodées (dont je cache une collection dans un tiroir connu de moi seul) qui sont merveilleuses sur la peau, souples, et ensuite tu utilises ces eaux de citron de Sicile, d'une grande fraicheur, tout cela se fait avec des volets mi clos car il fait déjà soleil,
ce pays est une fascination pour son sens du bonheur.
Maintenant je reconnais que c'est à Londres qu'on trouve le meilleur matériel de rasage.
Et les eaux de toilette des trois grands du rasage empliraient une vie, mais, à la fenêtre de la salle de bain, tout est gris humide.

Ephedra 03/04/2009 12:59


Ce serait quoi pour toi alors "les eaux de toilette des trois grands du rasage"? L'eau de citron de Sicile de Virgilio Valobra, et puis quoi? Je ne sais pas toi, mais moi, rien que de lire "eau de
citron de Sicile", j'ai des effluves d'agrumes plein le nez! :-) 


jp 29/03/2009 22:40

en Italie ce sont les épiceries
et le savon à barbe
ma valise est toujours bourrée au retour

Ephedra 02/04/2009 18:39


Il a quoi de particulier le savon à barbe italien? L'odeur? La texture? L'emballage? Raconte! :-)