Le sac chinois de Mademoiselle E

Publié le par Ephedra

Il était une fois une fille, que, par souci d’anonymat, nous appellerons E. E comme Ephedra, mais la comparaison s’arrête là. Un jour, cette fille, qui avait un faible pour les belles matières et les beaux designs et nourrissait un amour presque pathologique pour les sacs à mains, se mit en tête de posséder un Premier Flirt de Lancel. Mais elle était encore étudiante, et décidément, ce modèle coûtait bien cher pour sa bourse d’écolière… Mal conseillée par une amie, elle alla sur un site dont je tairais le nom, mais-que-je-me-demande-quand-même-comment-il-fait-pour-ne-pas-avoir-encore-été-fermé-vu-ce-qui-se-vend-dessus en termes de, comment dire… de produits-ressemblant-étrangement-à-des-marques-de-luxe-sans-en-être, si vous voyez ce que je veux dire…

 

Bref, Mademoiselle E, donc, alla sur ce site, et y vit des sacs qui présentaient une ressemblance étrange avec le modèle qu’elle convoitait. Bravant tous les interdits en matière d’imitations et toutes les lois de protection du copyright, sans considération aucune pour le bien-être économique des malheureux détenteurs de la marque, en Chine elle commanda !

 

S’ensuivit pour Mademoiselle E une période fort désagréable. Elle qui n’avait jamais rien volé de sa vie, qui avait dû essayer de pomper une fois à une interro, qui se liquéfiait à la simple idée de faire sonner un portique à la sortie d’un magasin même en étant innocente, elle venait en toute connaissance de cause de commettre une infraction en achetant une copie. Elle avait beau essayer de se donner bonne conscience et de minimiser le risque d’être prise en pensant au nombre de personnes qui l’avaient impunément fait avant elle, pas moyen de se rassurer. Son sac allait être arrêté à la douane et elle avec, elle aurait une amende à payer, et peut-être même de la prison à faire ! Non, décidément, le monde était vraiment trop cruel !

 

Pendant une semaine, grâce au numéro de suivi de la compagnie de fret, Mademoiselle E guetta non-stop le trajet de son sac, depuis son départ de Canton jusqu’à son arrivée chez elle, avec des phases de grande tension : la sortie du territoire chinois, l’entrée en France, le passage aux douanes. Dans la journée, elle pensait souvent à lui, en se disant « tiens, là il doit être ici ou là… », et elle eut même une exclamation de joie devant son ordi lorsqu’elle vit qu’il avait passé les douanes à Roissy.

 

Vint enfin le jour béni où le sac arriva à destination, sans amende ni assignation à comparaître devant le tribunal. Soulagement de Mademoiselle E… Rapidement suivi de dépit, parce que ce sac, elle l’avait tellement attendu que forcément, elle a été déçue. C’était certes un très beau sac en cuir et une excellente copie, mais il ne fallait surtout pas avoir tenu auparavant l’original en mains, parce que là, rien à voir de chez rien à voir ! Et même au prix exorbitant de la marque, la différence se valait assurément. Résultat des courses : n’y tenant plus, Mademoiselle E alla finalement acheter aussi l’original, soit une « affaire » de +180 euros (le coût de la « bagatelle » chinoise) par rapport au prix où elle l’aurait payé si elle n’avait pas tenté ses magouilles à deux francs, qui dit mieux ?! Mademoiselle E, honteuse et confuse, jura mais un peu tard, qu’on ne l’y reprendrait plus !

 

Depuis cette (més)aventure du sac chinois, Mademoiselle E n’a plus jamais tenté de truander les gentils trusts économiques de l’industrie du luxe qui-s’en-foutent-plein-les-poches-en-nous-saigant-à-blanc, nous, pauvres pécheresses incapables de résister à la tentation. Quel que soit le temps qu’il lui faut attendre pour amasser piécette par piécette de quoi se payer l’objet de ses rêves, cette histoire lui a servi de leçon : elle achète désormais bien sagement toujours au prix fort, dans les boutiques agréées.

 

Moralité ?! Plutôt que de les interdire, les marques devraient au contraire encourager les contrefaçons : c’est encore le meilleur antidote à leur achat et leur meilleure publicité ! ;-)   

                                                  La merveille des merveilles: le Premier Flirt de Lancel (le vrai!)

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Joelle 10/10/2010 12:12


quelle mésaventure, mais j aime beaucoup la façon dont l' aventure du sac made in china est rédigée ( ceci dit je pense que les originaux sont aussi fabriqué là bas, mais les copies font sortir des
différences notoires, surtout dans les petits détails genre zip...)! Il faut aussi se méfier des sites auxquels on confie nos n° de cartes bancaires, j essaie de dissuader mes ados de prendre ce
genre de risques mais ça semble plus fort qu'eux !!! moi même heu, comment dire .....


TAILLE-CRAYON 25/02/2009 23:24

celui qui est le premier de ma collection donc que mon frère a chipé et une belle male en étain... qui se trouve en phto dans l album "les étains";
Lorent et ses tailles-crayon...

Béatrice 24/02/2009 17:55

Yeah! de retour sur mon blog...welcome!

TAILLE-CRAYON 24/02/2009 11:46

article tres sympa... je reviendrais..
lorent et ses 2850 TAILLE-CRAYON....

Ephedra 25/02/2009 00:18


Merci Lorent! 2850 taille-crayons, vraiment?! Je vais voir ça de ce pas, ça m'intrigue!


Béatrice 24/02/2009 08:45

encourager les contrefaçons...mais en mettant entre les mains des candidats à l'achat, l'objet "vrai" pour que la différence soit si évidente que la copie devienne une honte à posséder...

Ephedra 25/02/2009 00:16


C'est un peu l'idée!...