Un aller pour Paris SVP !

Publié le par Ephedra

Ah ! Qu’il est loin le temps où l’on pouvait se rendre au guichet d’une gare (de n’importe quelle gare, qui plus est !) pour demander comme ça un billet de train, « pour Paris » tout simplement. Le billet, valable deux mois sur tous les trains, avait simplement le bémol de la période, bleue ou blanche, pour les jours de grande affluence.

 

Aujourd’hui, acheter un billet de train sur certaines lignes relève du parcours du combattant. Il faut bien spécifier le jour et l’heure de départ, qui restent modifiables dans le meilleur des cas sous certaines conditions, parfois aberrantes, comme par exemple seulement une heure après le départ du train si vous n’avez pas pris celui prévu. La réservation est devenue obligatoire. Et je ne vous parle pas de la hausse du prix des billets : + 5 euros en 2 ans sur un trajet à 50 euros (je ne cherche même pas à remonter plus en arrière !).

 

Pourquoi donc avoir compliqué les choses à ce point ? La question de l’amélioration des conditions de voyage et du confort des voyageurs que la SNCF brandit comme son fer de lance, ne leurre, je l’espère, personne. Je ne sais pas vous, mais moi je ne considère personnellement pas comme un confort le fait d’être pieds et poings liés à une heure et à un jour de départ, dépendante du bon vouloir d’un grincheux de guichet ou d’une fliquette en casquette de contrôleuse.

 

Alors oui, me direz-vous, « quand on prend l’avion, c’est pareil ». Et c’est peut-être bien là qu’est le problème, car à ce que je sache, le train n’est justement pas l’avion… Il faudrait donc peut-être arrêter de comparer le Paris – Clermont-Ferrand à un long courrier ! Jusque dans cette nouvelle manie qu’ils ont, de faire leurs annonces micro en commençant par « je suis votre chef de bord ». Je trouve cela grotesque ! Là aussi, l’emprunt au vocabulaire des transports aériens est évident (ils ne sont quand même pas allés jusqu’à nous faire le coup du commandant de bord, mais on n’en était pas loin !). Si cela valorise les poinçonneurs du dimanche, tant mieux, mais je ne peux m’empêcher de repenser avec nostalgie à l’époque où le contrôleur assumait sa fonction jusque dans son appellation, et ne se la pétait pas avec des expressions issues d’autres univers…

 

Sur la ligne Paris – Clermont, ce changement lexical est intervenu peu de temps après que les nouveaux Corail Téoz à réservation obligatoire soient entrés en fonction. J'avais même pris soin de noter la date à laquelle j'ai entendu ce "chef de bord" pour la première fois, tant cela m’avait fait bizarre, moi qui étais si habituée à mon contrôleur du haut-parleur. C'était le 31 janvier 2007, et on ne peut pas vraiment dire que depuis, les choses soient allées en s'améliorant...

 

Alors à quoi ils jouent exactement à la SNCF ? A essayer de nous faire préférer le train, vraiment ? Non, c’est une blague ! Parce que nous faire préférer le train en en gommant précisément toutes les spécificités, ce n’est plus nous faire préférer le train ! Alors certes, le côté souple et pratique de l’ancien système allait de paire avec la nécessité de voyager parfois 3 heures debout dans le couloir – mais les angoissés de la place assise avaient toujours bien veillé à réserver de toute façon et les petits djeun’s qui s’en foutaient prenaient leur mal en patience avec leur sac à doc et leur boîte à chat en équilibre dans le soufflet entre les wagons, donc finalement, c’était pas la mort. Fondamentale cependant, existait alors la possibilité de choisir, qui est ce que nous avons perdu dans ce nouveau fonctionnement. Une possibilité de choisir qui s’appelle aussi tout simplement liberté…

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