Des garçons qui ne veulent plus s’engager ?

Publié le par Ephedra

« On subit, on contrôle rien du tout ; ces enfoirés ont le dernier mot et nous, les yeux pour pleurer ! » Ce cri de rage, c’est celui de ma copine Katy. Et ces enfoirés, ce sont bien sûr les garçons…

 

A l’origine de cette réflexion, il y a une déception récente, la mienne, vis-à-vis d’un mec, qui, disait-il ne souhaitait pas s’investir, sous-entendu « dans une relation avec moi ». C’était l’histoire d’un week-end, comme ça, sympa, mais il ne fallait pas lui en demander plus. Parce que je ne lui plaisais pas assez ? Il y a encore quelques mois de cela, c’est immédiatement ce que j’aurais pensé, sans la moindre hésitation. Mais là, je ne sais pas pourquoi, ou plutôt si, plein de micro-réactions et de petites phrases dans le comportement et dans les dires de ce gars qui, mises bout à bout, m’ont fait me demander s’il n’avait pas pas envie de s’investir dans une relation « de toute façon » - entendre par là avec n’importe qui, moi comme une autre. Cela chamboule un peu tous mes schémas de pensée, parce que personnellement, j’ai du mal à dissocier une relation de la personne avec laquelle je l’ai ; il n’y a pas pour moi « une idée de la relation dans l’absolu », dépersonnalisée, désincarnée, mais autant de relations que je peux rencontrer d’individus, rien qui n’existe indépendamment de la personne avec laquelle je suis en rapport.

 

Or, force m’est d’admettre que cela ne semble pas être le cas de tout le monde. Et de ce mec en l’occurrence… Mais pas que de lui… D’où l’ire de mon amie, qui ayant été confrontée elle-même plusieurs fois ces derniers temps au même genre de situation, en vient à maudire tout le sexe masculin pour l’abomination de quelques-uns… qui ne sont cependant pas des cas isolés, c’est ce que j’entends ici démontrer. :-)

 

Je pense en effet que « les garçons » veulent de moins en moins s’engager. N’importe quel magazine étendra ce propos à toute la population des moins de 40 ans, mais moi je trouve qu’il y a quelque chose de beaucoup plus marqué chez les hommes. Quand je regarde autour de moi, je vois un paquet de nanas trentenaires, plutôt 35 que 30 maintenant, CSP+, bon niveau d’éducation, plutôt pas mal physiquement, avec de l’humour et de l’esprit, à qui il ne manque plus qu’un chéri et un bébé pour être heureuses… Sauf que le chéri n’arrive pas, et de fait le bébé non plus (ben non !)… Alors où êtes-vous messieurs ? Que faites-vous, et pourquoi nous laissez-vous ainsi livrées à nous-mêmes ?

 

Le premier qui vient me dire que les filles sont pareilles va avoir de mes nouvelles ! Certaines le sont, bien évidemment, tout comme certains mecs sont complètement à l’opposé de ce que je décris ici ; mais sur la majorité, dans la dominante, la tendance, il y a vraiment un truc masculin, quelque chose qui se joue chez les mecs de moins de 40 ans que l’on ne voyait pas avant.

 

Emancipation du couple, blablabla, écroulement du modèle de la famille nucléaire et tout ce que l’on veut, évidemment je sais tout ça, mais la question des causes ne m’intéresse ici pas tant que celle du résultat, qui est quand même qu’une grosse partie de la population féminine de moins de 40 ans se retrouve sans amant ni enfant parce que les mecs ne veulent plus s’engager, tout simplement, alors qu’elles y seraient toujours prêtes.

 

Dès lors, même si pas une seconde je ne reviendrais en arrière, je ne peux m’empêcher de me demander si dans l’explosion des structures familiales traditionnelles, les femmes y ont toutes forcément tant gagné que ça… L’émancipation est une bonne chose, à condition qu’elle demeure un choix ; on peut se la jouer mec, rouler des mécaniques et se lever un gigolo différent par soir, ce droit on l’a, et c’est tant mieux, sauf qu’au finish, d’un droit il est en passe de devenir une loi. D’un possible, il devient une règle, et tout compte fait, d’une absence de choix on passe à une autre absence de choix. Il y a 50 ans de cela, il était dur de sortir de la famille, maintenant il est peut-être tout aussi difficile d’y entrer…

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jaankilus 18/05/2009 01:54

Je suis d'accord avec ce que tu dis, seulement c'est la qu'est le piège: en maudissant tous les garçons a cause de quelques mésaventures, vous refermer automatiquement les portes devant le prochain interessé.

Certaines attendent patiemment l'homme de leurs rêves, mais j'ai parfois la sombre impression qu'elles mettent la barre un peu haut. En tout cas, des femmes comme tu en décris, j'en croise pas des masses. Peut etre faudrait il sortir plus souvent, faire des vrais activités comme des cours de salsa, du char a voile ou de la peinture ... les boites de nuit, les concerts et les pubs c'est pas l'endroit ideal pour faire des rencontres sérieuses.

aaz 29/12/2008 09:45

30 ou 40, ou 50 ans .... tout plein de garçons qui ne savent pas s'ils ont envie de s'engager, jusqu'à quel point ..... etc ..... pas une question d'âge, à mon avis ; je classe les "familiaux" ceux qui veulent une famille, et les autres, ceux qui veulent rester "ados" longtemps ..... trèèèèèèèèèès longtemps ... sans compter les "familiaux", divorcés, qui veulent repasser dans la catégorie "ados" ....

Ephedra 29/12/2008 22:28


Remarque très juste, aaz. La seule chose qui me fait faire un lien avec l'âge est celui des filles dont je parle - en gros les 30/40ans, pour lesquelles la question de la maternité se pose de
manière peut-être un peu particulière parce que plus "urgente", et qui auront quand même tendance à privilégier des partenaires dans leur tranche d'âge ou environ, dans la perspective d'une future
paternité. Du coup, chez les hommes, c'est aussi au sein de cette tranche d'âge surtout que ces difficultés d'engagement s'observent, car de fait, c'est surtout cette tranche d'âge qui est
observée, tout simplement.


Marc Lefrançois 28/12/2008 20:47

J'ai bien aimé ta réflexion: "il était dur de sortir de la famille, maintenant il est difficile d'y entrer"... ah, la question de l'engagement sentimentale est très particulière... en fait je pense écrire un roman sur la question, l'histoire d'un couple très amoureux mais miné par le peu de désir d'un des partenaires à aller plus avant...

L............uC 28/12/2008 08:18

effets draps
en gage ment
juste pour le jeu de mot... De réponse point, éternel dilemme homme-femme, c'est l’âne de Buridan,
et comme disait Jules Renard, " à vingt ans quand on a les yeux dans les poches à quarante on est sûr d'avoir des poches aux yeux".
Ce qui ne nous tue pas nous aide à grandir.

Gwenn 23/12/2008 11:30

Ce témoignage fait écho à un récent article que j'ai écrit sur mon blog... Je ne sais plus quoi penser de ces hommes qui veulent au près d'eux une femme mais sans s'engager réellement... Quelque soit leur âge, ils ont peur. Mais de quoi? Nous ne sommes pas des monstres! Aimer et être aimé, voilà ce que tout être humain désire au plus profond de lui même... Joyeux Noêl à toi!