Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /Déc /2008 23:19

J’ai longtemps hésité avant d’ouvrir un blog. Je faisais trop le parallèle avec les journaux intimes que je pensais qu’il était bon de tenir à l’adolescence, mais auxquels je n’ai jamais su m’astreindre plus de 10 pages ou de 10 jours, c’était selon.

 

Ecrire pour dire quoi ? C’est ce que je me demandais à l’époque. Lorsque, à grand peine, j’avais restitué ma journée sur le papier, le résultat me semblait tellement pauvre et insignifiant que je ne comprenais décidément pas ce qu’il pouvait bien y avoir d’intéressant là-dedans, et pourquoi la prof de français s’évertuait ainsi à vouloir faire de nous de nouvelles Anne Frank…

 

Avec le blog, j’ai découvert d’autres manières de faire : on blog autour de son univers, certes, mais l’on n’est pas forcé de décrire sa journée comme en 4ème, ni de s’astreindre à une écriture quotidienne. Dans la fréquence, le style, les sujets, dans l’art et la manière, le verbe et le geste, il y a autant de blogs qu’il y a de bloggers. Depuis la femme seule qui passe son temps sur son ordinateur et pour qui son blog c’est sa vie, à l’homme d’affaires visiblement très occupé mais qui trouvera quand même toujours, entre deux brain-stormings et un conseil d’administration, le temps de se fendre de quelques lignes sur la crise économique ou les élections américaines, entre ces deux extrêmes, il existe des contenus variables, des degrés d’implication et des fréquences d’écriture diverses.

 

Un blog n’est donc pas forcément un journal intime, et c’est tant mieux. Il reflète néanmoins la vie et/ou les préoccupations de son auteur, et en cela il dévoile quand même une part d’intimité. Une part d’intimité appelée à être montrée, susceptible d’être partagée par d’autres.

 

Au départ, je trouvais qu’il y avait quelque chose d’un peu prétentieux à s’afficher ainsi sur Internet, et implicitement à croire que ce que l’on avait à dire pouvait intéresser les autres. Ouvrir un blog, c’est quand même s’imposer de soi-même sur un espace public, s’y accorder sa propre légitimité. Le « c’est ouvert à tout le monde, donc moi aussi j’ai le droit d’y être » suffit-il à justifier un blog ? Légalement et philosophiquement, oui, peut-être. Après, je ne peux pas m’empêcher de me poser cette question de la pertinence et du bien-fondé de ce que l’on a à dire : en quoi est-ce que ce que j’ai à dire peut intéresser les autres ?

 

Et puis d’abord qu’est-ce que j’ai à dire ? Ca dépend des jours et des humeurs, j’imagine. La constante est que je me passionne pour le monde qui m’entoure, les gens, la ville, et les mille et une petites choses du quotidien.

 

Alors, entre journal intime et revue de presse, où ce blog se situera-t-il ? D’abord pas très loin de vous, j’espère. Je souhaite surtout trouver ici l’occasion de partager, de confronter des points de vues, de discuter avec vous des choses qui m’interpellent, m’interrogent ou me passionnent, sur des sujets divers et variés, qui empruntent à un peu tout ce qui fait la vie, tout simplement…

 

Par Ephedra - Publié dans : Pourquoi un blog?
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08/01/09 - Lu (et bien aimé) le tome 1 des Chroniques de l'asphalte de Samuel Benchetrit, pendant la nuit. Parfait pour une heure d'insomnie. Ambiance urbaine, métallique des cités, bien résumée dans ces quelques mots: "ici le ciel ne dégage pas une lumière naturelle, c'est autre chose, comme un éclat chimique." Un côté un peu dark mais pas glauque, parce qu'il y a aussi vachement de tendresse, d'amour et d'humour. L'écriture est très alerte, vive. Elle a la poésie du slam. M'a donné envie de lire le tome 2.   

09/01/09 - Ai pas résisté. Tome 2 lu, et autant aimé. Même verbe gouailleur mais ambiance différente, moins métallique. On n'est plus dans les cités, on est à Paris. Quelques textes désopilants, qui m'ont fait hurler de rire (c'est une image; par contre ce n'en est pas une de dire que j'ai effectivement ri pour de vrai en lisant certains passages), d'autres plus tendres, d'autres un peu plus "gros", mais bon, dans l'ensemble, si vous avez envie de passer une heure de lecture sympa et sans prise de tête, c'est une découverte que je vous recommande! Par contre, gare à la frustration, parce que vu la manière dont les titres sont annoncés, je pensais que les 5 opus avaient été écrits, or il n'en est rien. Nous n'en sommes qu'au tome 2, et il va falloir attendre que sorte le 3ème.

A noter aussi les dessins de couverture magnifiques commis par Lou Doillon, et, info people, je ne savais pas que Samuel Benchetrit avait eu une relation avec Marie Trintignant avant Bertrand Cantat. Comme quoi, la littérature mène à tout, même aux potins! ;-)



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