Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /2009 11:52

Je vois d’ici votre sourire narquois quand vous saurez que je suis capable d’écouter en boucle ce grand standard des années 80 qu’a été, que fut, et qui reste « Il jouait du piano debout ».

C’est qu’au-delà des brushings audacieux de France Gall, et des orchestrations eighties qu’on aime ou qu’on n’aime pas, le texte demeure pour moi un pur bijou de poésie. C’est vrai quoi, on l’imagine carrément ce pianiste debout ! Un original, un marginal, un gars qui a des rêves et une fantaisie propres qui échappent aux dictats de la mode et de la société. La chanson de ceux qui ne rentrent pas dans les cases. Des paroles qui, tout en légèreté, en appellent de manière très belle au droit à la différence: « et pour quelle raison étrange, les gens qui ne sont pas comme nous ça nous dérange ? », hein, je vous le demande ! A écouter sans modération, donc, en alternance avec « Il est libre Max » d’Hervé Christiani. Parce que finalement, et si c’était Max, justement, qui jouait du piano debout ???


Bel été à vous…



  

Ne dites pas que ce garçon était fou
Il ne vivait pas comme les autres c'est tout
Et pour quelles raisons étranges
Les gens qui ne sont pas comme nous
Ça nous dérange
Ne dites pas que ce garçon ne valait rien
Il avait choisi un autre chemin
Et pour quelles raisons étranges
Les gens qui pensent autrement
Ça nous dérange
Ça nous dérange
Il jouait du piano debout
C'est peut-être un détail pour vous
Mais pour moi ça veut dire beaucoup
Ça veut dire qu'il était libre
Heureux d'être là malgré tout
Il jouait du piano debout
Quand les trouillards sont à genoux
Et les soldats au garde-à-vous
Simplement sur ses deux pieds
Il voulait être lui vous comprenez
Il n'y a que pour sa musique qu'il était patriote
Il serait mort au champ d'honneur pour quelques notes
Et pour quelles raisons étranges
Les gens qui tiennent a leur rêves
Ça nous dérange
Lui et son piano ils pleuraient quelquefois
Mais c'est quand les autres n'étaient pas là
Et pour quelles raisons bizarres
Son image a marqué
Ma mémoire, ma mémoire
Il jouait du piano debout
C'est peut-être un détail pour vous
Mais pour moi ça veut dire beaucoup
Ça veut dire qu'il était libre
Heureux d'être là malgré tout
Il jouait du piano debout
Il chantait sur des rythmes fous
Et pour moi ça veut dire beaucoup
Ça veut dire essaie de vivre
Essaie d'être heureux, ça vaut le coup…

(Paroles et musique Michel Berger)

 

 

 

Il met de la magie mine de rien dans tout ce qu'il fait
Il a le sourire facile, même pour les imbéciles
Il s'amuse bien, il ne tombe jamais dans les pièges
Il ne se laisse pas étourdir par les néons des manèges
Il vit sa vie sans s'occuper des grimaces
Que font autour de lui les poissons dans la nasse
Il est libre Max, il est libre Max !
Y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler
Il travaille un p'tit peu quand son corps est d'accord
Pour lui faut pas s'en faire, il sait doser son effort
Dans le panier de crabes, il ne joue pas les homards
Il ne cherche pas à tout prix à faire des bulles dans la mare
Il est libre Max, il est libre Max !
Y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler
Il regarde autour de lui avec les yeux de l'amour
Avant que t'aies rien pu dire, il t'aime déjà au départ
Il ne fait pas de bruit, il ne joue pas du tambour
Mais la statue de marbre lui sourit dans la cour
Il est libre Max, il est libre Max !
Y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler
Et bien sûr toutes les filles lui font les yeux de velours
Lui, pour leur faire plaisir, il raconte des histoires
Il les emmène par-delà les labours
Chevaucher des licornes à la tombée du soir
Il est libre Max, il est libre Max !
Y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler
Comme il n'a pas d'argent pour faire le grand voyageur
Il va parler souvent aux habitants de son cœur
Qu'est-ce qu'ils se racontent, c'est ça qu'il faudrait savoir
Pour avoir comme lui autant d'amour dans le regard
Il est libre Max, il est libre Max !
Y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler

(Paroles et musique Hervé Christiani)

Par Ephedra - Publié dans : Questions, réflexions, cogitations
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 13:08

Gros coup de coeur du moment: mélodie sympa et texte d'une délicatesse infinie - un pur concentré de poésie du quotidien... To enjoy without moderation... :-)



Sun been down for days
A pretty flower in a vase
A slipper by the fireplace
A cello lying in it's case

Soon she's down the stairs
Her morning elegance she wears
The sound of water makes her dream
Awoken by a cloud of steam
She pours a daydream in a cup
A spoon of sugar sweetens up

And She fights for her life
As she puts on her coat
And she fights for her life on the train
She looks at the rain
As it pours
And she fights for her life
As she goes in a store
With a thought she has caught
By a thread
She pays for the bread
And She goes...
Nobody knows

Sun been down for days
A winter melody she plays
The thunder makes her contemplate
She hears a noise behind the gate
Perhaps a letter with a dove
Perhaps a stranger she could love

And She fights for her life
As she puts on her coat
And she fights for her life on the train
She looks at the rain
As it pours
And she fights for her life
As she goes in a store
With a thought she has caught
By a thread
She pays for the bread
And She goes...
Nobody knows

And She fights for her life
As she puts on her coat
And she fights for her life on the train
She looks at the rain
As it pours
And she fights for her life
Where people are pleasently strange
And counting the change
And She goes...
Nobody knows
Par Ephedra - Publié dans : Ciné, musique, littérature
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /2009 11:59

Il est, près de Nevers, un endroit particulier, que l’on appelle le « Bec d’Allier ». C’est l’endroit où la rivière Allier se jette dans la Loire, qui traverse la ville. Cette situation géographique est importante car, dans le passé, elle a donné lieu à toute une tradition de pêcheurs et de bateleurs fluviaux, les « mariniers » comme on les appelait, qui naviguaient et commerçaient du cœur des terres vers la mer, de Nevers jusqu’à Nantes.

 

Leur vie d’errance sur l’eau a nourri tout un art populaire – des chansons notamment, qui parlent de choses communes à toutes les vies de marin, qui voient des hommes partir au loin gagner leur pain, tandis que leurs femmes les attendent au port.

 

Certains érudits locaux, des « folkloristes » comme on les appelait à l’époque, ont collecté ces textes, fin XIXe - début XXe. Achille Millien était l’un d’eux, qui a fait un travail remarquable sur les diverses formes de littérature populaire en Nivernais. Dans le corpus énorme qu’il a rassemblé, on trouve notamment une chanson qui narre les tergiversations d’une belle, dont le cœur a du mal à faire son choix. Répétitions et ornementations stylistiques dégagées, ça donne à peu près ça :

 

J’ai trois amants sur terre, lequel d’eux j’y prendrai ?

J’en ai un pauvre, un riche, et l’autre est marinier.

Je ne veux pas du pauvre il est mal habillé.

Je ne veux pas du riche, il me mépriserait.

J’aime bien cent fois mieux mon ami marinier.

Quand il est sur la mer il boit à ma santé.

 

Nous n’entrerons pas dans l’endogamie de classe qu'il peut laisser entrevoir. Ce sont plus les hésitations de la jeune femme qui m’ont fait penser à ce texte.

 

Voilà un petit moment que je n’avais pas écrit. Pas trop envie. Beaucoup de boulot. Et puis « rattrapée par la vie », comme on dit. Après des semaines d’ermitage, le retour du soleil, et avec lui des sorties, et puis des rencontres… Beaucoup de rencontres, qui me laissent un peu dans la situation de la donzelle de la chanson : « j’ai trois amants sur terre, lequel d’eux j’y prendrai ? »

 

…A moins que la vraie question ne soit : pourquoi faut-il toujours choisir ???

 

En tout cas, merci à tous d’avoir pris de mes nouvelles. J’espère que VOUS allez bien. Et promis, j’écrirai à nouveau bientôt. 

Par Ephedra - Publié dans : Hommes/Femmes, célibat: mode d'emploi
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 13:28

Dans la série de docs « Paris vu par… » de la Nouvelle Vague, réédité récemment par Les Films du Losange, vous trouverez, aux côtés de la Place de l’Etoile d’Eric Rohmer et du Montparnasse et Levallois de Jean-Luc Godard (pour ne citer qu’eux), le Gare du Nord de Jean Rouch. 

Dans ce film, on découvre un jeune couple, Odile et Jean-Pierre, qui discute autour de la table du petit-déjeuner. Odile n’est pas contente de sa petite vie étriquée dans ce quartier populaire de la capitale ; elle rêve de voyages, d’évasion, de beaux habits et de beaux quartiers. Jean-Pierre, lui, se contente avec modestie de son quotidien, de son petit boulot et de son appart Gare du Nord. La discussion qu’ils ont autour de leur lieu d’habitation est l’occasion pour Odile de se questionner sur ses sentiments envers Jean-Pierre.


Morceau choisi de scénario :


Odile pousse un peu Jean-Pierre dans la salle de bain pour pouvoir y accéder elle aussi.


Odile : « Tu vois, ce qu’il y a de terrible dans le mariage, c’est qu’on ne peut pas s’isoler. Tu n’as plus de mystère pour moi. Quand je t’ai connu, je ne savais rien de toi, je pouvais tout imaginer. Maintenant, je connais toutes tes qualités, tous tes défauts, je peux prévoir toutes tes réactions. Quand il n’y a plus de mystère, tu crois qu’il peut encore y avoir de l’amour ?
 

Jean-Pierre : Mais j’te comprends pas. Moi c’est exactement le contraire : plus je te connais, plus je t’aime. Justement, même tes petits défauts… C’est pas ça… Si tu réfléchissais un petit peu au lieu de croire les bêtises que tu lis dans les magazines, au lieu de rêver à la Grèce, à Tahiti… J’t’assure que si tu réfléchissais, tu comprendrais, et que tu ne serais pas si malheureuse que ça. »


Qui a tort, qui a raison ? Le fait de connaître plus et mieux l’autre a-t-il tendance à générer plutôt de l’amour ou plutôt de la lassitude ? Plutôt un renforcement ou plutôt un étiolement du lien amoureux ?


La psychanalyse a montré comment c’est le manque qui crée le désir. Quid des liens entre désir et amour ? Peut-il y avoir l’un sans l’autre, dans un sens ou dans l’autre ? Aime-t-on forcément ce que l’on désire ? Désire-t-on forcément ce que l’on aime ? Quid des liens également entre désir et érotisme ?


Je me questionne sur la capacité du quotidien à tuer l’érotisme. A moins que ce ne soit sur ma capacité à moi à tuer l’érotisme au quotidien ? :-( J’ai l’impression que dans toutes mes histoires, le désir a toujours fini par s’étioler… Faute de quoi, d’ailleurs ? L’a-t-on laissé mourir faute d’amour ou bien est-il mort faute d’envie ? Peut-on imaginer un érotisme « tranquille », sans artifice et sans grotesquerie pseudo-affriolante, compatible avec une certaine forme d’« authenticité » et de « confort » au quotidien ? Un truc où il n’y aurait pas de rôle à jouer, sans costume d’écolière ni oreilles de bunny-bunny, où le désir n’aurait pas forcément à être suscité, mais adviendrait presque naturellement, du simple fait justement de la connaissance en profondeur que permettrait le fait d’être et de vivre ensemble. Mais est-ce bien possible ? Amour et désir / quotidien et désir sont-ils compatibles ? Comme le pose très bien Odile : quand il n’y a plus de mystère, peut-il encore y avoir de l’amour ???


Ah la la ! C’est compliqué tout ça…

Par Ephedra - Publié dans : Hommes/Femmes, célibat: mode d'emploi
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /2009 16:11

Parmi les choses qui m’obsèdent, il y a la question de la place que j’occupe dans l’univers. Pas celle de mes coordonnées spatio-temporelles sur une carte satellite, mais celle que j’occupe, au quotidien, dans la vie des gens que je rencontre et de ceux qui m’entourent. « Ma place dans le trafic », quoi, comme dirait Cabrel…

 

Si cette question se pose à moi de manière aussi prégnante, c’est parce qu’elle se nourrit de la peur souterraine, qui me poursuit depuis l’enfance, de ne pas être à ma place, d’être de trop. Je trouve qu’il n’y a pas pire sentiment que celui-là, qui n’est autre que l’une des manières les plus directes et les plus vives de vivre la distance et le rejet.

 

Dans les relations que j’ai avec les gens, j’ai toujours tendance à essayer de me mettre à la place de l’autre – pas pour faire ou décider à sa place, surtout pas, mais plus pour essayer d’appréhender ses sentiments et ses pensées, ceci afin de respecter sa sensibilité dans l’échange. Un truc de ce genre. Et quel que soit ce que je crois lire dans ses comportements et dans ses dires, j’essaie toujours de l’accueillir de manière à ce qu’à aucun moment il ne puisse être amené à se demander s’il est ou non désiré – désiré au sens large, bien sûr, c’est-à-dire que je veux que pour la personne que j’ai en face de moi, au moment où je l’ai en face de moi, la question de savoir si elle est ou non « à sa place » ne puisse pas se poser une seule seconde à elle. Le fait qu’elle est effectivement désirée en cette heure et en ce lieu doit couler de source comme une évidence, qui ne saurait tolérer aucun doute.

 

Je sais que tout le monde ne réagit pas forcément comme cela, et après tout, il est bien légitime et plutôt heureux que tout le monde ne soit pas comme moi. C’est une manière d’être qui résulte aussi d’un choix que j’ai fait, d’une démarche assumée et d’un positionnement conscient, même si elle s’appuie assurément sur certaines dispositions spontanées à « œuvrer » dans ce sens. Attention, n’allez pas croire que ce sont là des fleurs que je m’envoie, car pour moi, l’absence d’empathie ou d’ouverture à l’autre n’est pas forcément synonyme d’épaisseur, de lourdeur ou d’ignorance. L’accueil et l’hospitalité dans l’échange sont sûrement plus agréables et plus faciles d’accès pour la personne que l’on a en face de soi, mais je suis convaincue qu’il y a des gens qui ne sont absolument pas dans ce mode relationnel sans pour autant faire preuve d’un manque cruel de tact et d’humanité - des qualités qui se jouent ailleurs et autrement pour eux, tout simplement. Donc à la limite, que ce soit bien ou mal, peu importe ; moi, ce vers quoi cela me renvoie, et la question que je me pose surtout en lien avec cela, c’est de savoir si l’on est effectivement de trop aux yeux de celle ou de celui qui nous le fait ressentir, ou bien si l’on peut se sentir de trop du fait d’un manque de dispositions pour l’empathie de la part de notre interlocuteur, qui ne veut cependant pas forcément dire que notre présence l’est effectivement ?

 

Dit autrement, ai-je l’impression de me sentir de trop parce que la personne en face de moi ne sait ou ne peut pas me donner la place qui ferait que je ne ressente pas les choses  comme cela – auquel cas, je me sens de trop, mais dans les faits et dans sa perception à elle je ne le suis pas forcément - ou bien, en toute connaissance de cause, ne veut-elle pas me donner cette place là, parce qu’elle juge effectivement que je suis en trop ?

 

Dit autrement encore, la distance est-elle toujours signifiante ? Ou plus exactement, signifie-t-elle toujours le rejet ?

 

Qu’est-ce que vous en pensez ???

Par Ephedra - Publié dans : Questions, réflexions, cogitations
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22/02/09
"Chiffons, besaces et colifichets"

mon tout nouveau blog mode juste pour vous!

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08/01/09 - Lu (et bien aimé) le tome 1 des Chroniques de l'asphalte de Samuel Benchetrit, pendant la nuit. Parfait pour une heure d'insomnie. Ambiance urbaine, métallique des cités, bien résumée dans ces quelques mots: "ici le ciel ne dégage pas une lumière naturelle, c'est autre chose, comme un éclat chimique." Un côté un peu dark mais pas glauque, parce qu'il y a aussi vachement de tendresse, d'amour et d'humour. L'écriture est très alerte, vive. Elle a la poésie du slam. M'a donné envie de lire le tome 2.   

09/01/09 - Ai pas résisté. Tome 2 lu, et autant aimé. Même verbe gouailleur mais ambiance différente, moins métallique. On n'est plus dans les cités, on est à Paris. Quelques textes désopilants, qui m'ont fait hurler de rire (c'est une image; par contre ce n'en est pas une de dire que j'ai effectivement ri pour de vrai en lisant certains passages), d'autres plus tendres, d'autres un peu plus "gros", mais bon, dans l'ensemble, si vous avez envie de passer une heure de lecture sympa et sans prise de tête, c'est une découverte que je vous recommande! Par contre, gare à la frustration, parce que vu la manière dont les titres sont annoncés, je pensais que les 5 opus avaient été écrits, or il n'en est rien. Nous n'en sommes qu'au tome 2, et il va falloir attendre que sorte le 3ème.

A noter aussi les dessins de couverture magnifiques commis par Lou Doillon, et, info people, je ne savais pas que Samuel Benchetrit avait eu une relation avec Marie Trintignant avant Bertrand Cantat. Comme quoi, la littérature mène à tout, même aux potins! ;-)



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